Sommaire
Le secret des commerçants qui gagnent vraiment bien leur vie
Partie 5

Fidéliser pour la vie

Un client qui revient, c'est de l'argent qui rentre tout seul. Pas de pub, pas de bouche-à-oreille à provoquer. Il vient parce que c'est chez toi. Ton boulot maintenant : faire en sorte qu'il revienne pour la vie. Et ça commence par 50 centimes bien placés.

5.1 La doctrine du cadeau

Offrir un petit cadeau, c'est une des techniques les plus puissantes en commerce, et une des plus sous-utilisées.

Regarde ce que font les grandes boutiques en ligne : un échantillon glissé dans le colis, un petit mot, un produit surprise. Le client est content, il revient, il en parle. Ce n'est pas un hasard. C'est une stratégie.

En commerce physique, c'est pareil. Un petit geste au bon moment, ça fidélise mieux qu'une promotion. Le client se souvient de toi, il revient, il amène ses proches. Et le calcul est simple : un cadeau à 50 centimes peut te rapporter un client fidèle qui achète chez toi pendant des années.

MétierCadeau type
BoulangerMorceaux de pain, mini-viennoiserie, etc.
FleuristeTige eucalyptus, conservateur, nœud
BoucherPersil, gousse d'ail, fiche recette
PrimeurBouquet de persil, citron, herbes
CoiffeurÉchantillon shampoing
VêtementsChouchou, cintre

"Vaut mieux offrir un petit cadeau que faire une ristourne. Le cadeau te coûte 50 centimes, la ristourne te coûte 2 euros de marge."

Ce n'est pas quelque chose qu'on fait à chaque client, à chaque passage, systématiquement. On le fait au bon moment : un gros panier, un nouveau client qu'on veut fidéliser, un habituel qu'on veut remercier. C'est le geste juste, au bon moment, qui fait l'effet. Parce que si tu offres tout le temps, le cadeau devient un dû, et le jour où tu ne donnes pas, le client est vexé.

En n'offrant pas à chaque passage, tu gardes le client dans une bonne attente, comme un gamin qui ne sait jamais quelle surprise l'attend. Jamais blasé, toujours content de revenir.

5.2 Arrondis, et ne chipote pas

C'est pas avec 10 centimes que je vais m'acheter ma Mercedes. Mais c'est avec 1000 petits cadeaux que je vais garder 1000 clients fidèles.

Le geste du cadeau : la vendeuse glisse un petit plus dans le paquet du client.
Le geste du cadeau : la vendeuse glisse un petit plus dans le paquet du client.

L'anti-exemple à éviter : chipoter sur les centimes, réclamer la pièce exacte, facturer le sachet, le petit geste en plus. J'en ai vu des commerçants le faire. La cliente demande un sachet, ils le facturent. Le pesage passe de 1,02 à 1,03, ils insistent pour récupérer les 5 centimes. Et après ils se grattent la tête en se demandant pourquoi la cliente n'est jamais revenue. Pas à cause du produit, à cause des 10 centimes.

Au comptoir, un commerçant chipote une petite pièce de monnaie pendant que la cliente, agacée, tourne les talons et s'en va. Le geste radin qui fait fuir le client.
Au comptoir, un commerçant chipote une petite pièce de monnaie pendant que la cliente, agacée, tourne les talons et s'en va. Le geste radin qui fait fuir le client.

Ce n'est pas avec les centimes qu'on s'enrichit. C'est avec les clients qui reviennent. Toi, tu ne regardes pas les 10 centimes du jour. Tu regardes le panier moyen de cette cliente sur 6 mois.

Mais attention, pour offrir juste, il faut savoir compter. Tu dois connaître par cœur le prix d'achat de chacun de tes produits. Sans ça, tu offres à l'aveugle et tu donnes ta marge sans même le voir.

Le piège du gros cadeau. Beaucoup de petits cadeaux, jamais un gros. Un client m'avait pris pour 300 euros un samedi, je lui fais une belle promo. Erreur. Dès la semaine d'après, il la réclamait. Puis il l'exigeait. Au bout de trois refus, vexé, il est parti, je ne l'ai jamais revu. Le gros cadeau exceptionnel, tu le gardes pour Noël, l'anniversaire de la boutique, un vrai événement. Jamais un mardi banal.

5.3 Les surnoms, avec élégance

Les surnoms, ça arrive naturellement. On a dix Pascal, quinze Juliette, on a peur de se tromper. Alors on retient ce qui marque. Un client qui revient toujours pour le même produit, on l'appelle par ce qu'il aime. C'est pratique, c'est humain, et ça crée du lien.

SourceExemple
Par fonction"Mon ami", "les amis" pour un groupe
Par produit"Monsieur Baguette", "Madame Bouquet"
Par lien réel"Ma chérie" seulement pour une habituée de longue date

Mais attention : "ma chérie", "mon amour", "ma belle", jamais avec quelqu'un qu'on ne connaît pas bien. Trop familier, certains le vivent mal. Les surnoms chaleureux, c'est pour les fidèles de longue date. Avec les autres : vouvoiement, sourire, professionnalisme.

Attention aussi : sur les marchés, la tendance est souvent d'utiliser des mots trop familiers, vulgaires, mal placés. C'est une erreur. Ça rend la vente bas de gamme. Une vente sur un marché, c'est une vente, au même titre qu'en boutique ou en grande surface. Elle mérite le même niveau d'élégance et de professionnalisme.

"Un surnom bien placé fidélise. Un surnom mal placé offense."

5.4 Le client fidèle, attention aux limites

Un client fidèle, c'est de l'or. Mais si on gère mal la relation, il peut glisser de client à ami, et là ça se complique. Il attend des prix d'ami, des faveurs, et les autres clients qui voient ça ne comprennent pas. Même devenu pénible, on ne le vire pas. On adapte la distance.

Avant (trop sympa)Après (limite reposée)
BisePoignée de main
Cadeau à chaque visiteEspacé
10 minutes de discussion"Pardon, j'ai du monde, à la prochaine !"
Tu écoutes sa vie persoTu ramènes au produit, au métier, au quartier

La prévention vaut mieux que le recadrage. Reste très souriant, très sympa, mais garde ta frontière pro dès le jour 1. Tu parles métier, quartier, produit. Jamais ta vie perso. Comme ça tu n'as jamais à faire marche arrière.

"Un client fidèle reste un client. La frontière, c'est toi qui la tiens."

5.5 Garder le contact entre deux visites

Le client t'oublie pas par méchanceté. Il t'oublie parce que la vie va vite. À toi de revenir dans sa tête au bon moment.

SMS et mailing, simple et efficace

  1. À la caisse : "Je peux noter votre numéro pour les offres de la semaine ?"
  2. QR code sur le sac, le comptoir, le ticket
  3. Le bon jour, avant le rush, un SMS court, une info utile

"Offre cette semaine : le X à Y euros, chez Mimi, ce week-end."

À ne JAMAIS faire en SMS

  • trois messages par semaine, le client te bloque
  • un SMS le dimanche soir à 22h
  • du contenu trop long que personne ne lit jusqu'au bout

Les réseaux sociaux, puissants mais à double tranchant. Bien gérés, ils font venir des clients avant même qu'ils te connaissent. Mal gérés, ils font fuir : une mauvaise photo, un contenu nul, et le client ne vient même pas. Les réseaux, c'est l'image de ta boutique avant même que le client pousse ta porte. Soit tu t'y mets sérieusement, soit tu laisses tomber. Mal fait, c'est pire que rien. Si tu ne te sens pas à l'aise, ne te force pas, mais sache que ça devient de plus en plus incontournable.

Tout ce que tu viens de lire, ça marche que tu vendes du pain, des bouquets ou des heures de coiffure. Deux mots maintenant sur la façon d'adapter ça à TON métier.



Fin de la partie 6 sur 10