comment j'en suis arrivée là
Un conseil avant tout
Si tu es apprenti poissonnier, vendeur en poissonnerie, chef de rayon dans un supermarché ou responsable de rayon marée, ce livre est particulièrement pour toi.
Tu as déjà les compétences. Tu connais le poisson, tu sais le préparer, tu sais le vendre. Il te manque juste une chose : travailler pour toi.
Et si tu n'as aucun diplôme et que tu n'as jamais mis les pieds dans une poissonnerie, ce livre est aussi pour toi. C'était mon cas. Zéro diplôme, zéro expérience dans le poisson. Et pourtant.
"Mon conseil, à cent pour cent : lance-toi à ton compte."
Comment je suis devenue poissonnière
J'ai toujours aimé le commerce.
Un jour, au comptoir d'une poissonnerie d'une grande surface, je discute avec le vendeur. Et là, je vois sa facture : le nom du fournisseur, le prix d'achat du poisson, et les prix de vente affichés sur le banc. Je calcule la marge en deux secondes.
Déclic immédiat.
Est-ce que c'était mon rêve de devenir poissonnière ? Non. Est-ce que c'était quelque chose que j'avais toujours voulu faire ? Absolument pas. Mais j'ai vu que c'était un métier sympa avec de l'argent à se faire. Clairement.
"Les métiers difficiles, ceux que les gens fuient, ce sont souvent ceux où il y a le plus d'argent à faire."
Je suis allée me renseigner. Des fournisseurs près de chez moi ? Des marchés disponibles ? Un diplôme obligatoire ? Un gros investissement ? Ma déduction : beaucoup de fournisseurs, forte demande, pas de diplôme, pas d'investissement énorme. Et un très bon chiffre d'affaires derrière.
Il me fallait juste mes mains. Et la décision de démarrer.
Beaucoup n'osent pas, et c'est une erreur. Ils pensent qu'il faut un diplôme, des compétences, connaître tous les poissons par cœur. Moi quand j'ai démarré, je ne connaissais ni les noms des poissons, ni comment faire un filet. Je connaissais le bar, la dorade et le dos de cabillaud. C'est tout. Et pourtant ça a marché.
Comment j'ai trouvé ma première place
Je n'ai pas cherché une boutique. J'ai cherché une place de marché.
J'ai commencé par aller sur les marchés autour de moi : observer, demander, regarder qui vendait du poisson et comment ça marchait. J'ai envoyé des courriers aux mairies, des mails aux marchés privés. Est-ce qu'il y avait une place disponible pour une poissonnerie ?
Un jour, quelqu'un vendait sa place. 500 euros. Je suis allée voir le marché avant d'accepter. Le vendeur ne fonctionnait pas : il vendait ses restes du week-end, la fraîcheur n'était pas au rendez-vous. Mais son concurrent d'en face, lui, il cartonnait. File d'attente, clients fidèles, banc bien garni.
Et c'est là que j'ai su : la demande existe. Il me suffit de faire mieux.
J'ai racheté la place pour 500 euros. J'ai acheté une remorque aux enchères, un camion d'occasion qui me servait aussi de chambre froide. Pas besoin de local, pas besoin de charges fixes. Je démarrais le samedi et le dimanche, en complément de mon activité. Deux jours par semaine.
Mon premier jour, et comment bien démarrer
Le conseil numéro un : avoir un plan B. Le poisson est périssable. Avant même d'ouvrir, trouve deux ou trois restaurants, snacks ou cuisines de collectivité à qui tu peux vendre tes invendus en fin de journée, au prix grossiste. Zéro perte.
Mon premier jour : 150 € de chiffre d'affaires. Très bas. Mais c'est normal, les clients ne te connaissent pas encore. Le lendemain : 600 €. Et ça n'a fait qu'augmenter.
"Les premiers jours, on ne vend pas beaucoup. C'est normal. Ce qui compte, c'est ce qu'on fait après."
Mes erreurs de débutante
1. Vendre à crédit. Ne donne jamais ton produit à crédit. Jamais. Tu perds le client ET le produit. Le client qui te doit de l'argent ne revient pas, il a honte, il évite.
2. Trop commander au début. On voit grand, on diversifie trop. Résultat : invendus, pertes, stress. Commence petit, vends tout, réinvestis.
3. Ne pas avoir de plan B. Sans plan B, tu jettes. Et jeter, c'est perdre de l'argent.
4. Mettre des prix trop élevés trop tôt. Les clients ne te connaissent pas encore. Ils comparent. Au démarrage, sois compétitif. La marge viendra avec la fidélité.
Ma définition de la vente, en 3 phrases
- Sois fier de ce que tu vends. Ça se voit sur ton visage, ça s'entend dans ta voix.
- Le client doit repartir heureux. Pas juste content, heureux.
- La vente, c'est un bel échange. Pas un combat, pas une manipulation.
Bonus : laisse le client parler. Un bon produit bien présenté se vend souvent tout seul.